Étude sur les services rendus par les zones humides

l’EPTB Garonne Gascogne et affluents pyrénéens a lancé une étude sur sept sites pilotes de son territoire, un site par département afin d’évaluer financièrement les services rendus par les zones humides au sens large. Cette étude, visant à répondre à des enjeux définis dans le SAGE vallée de la Garonne, a été lancée en novembre 2025 et se terminera fin 2027, avec des résultats concrets permettant de mettre en avant l’importance de non seulement préserver, mais également restaurer les milieux humides. Ces actions qualifiées de solutions fondées sur la nature (SFN) sont indispensables pour l’équilibre des milieux naturels mais également pour la société humaine. 

Qu’appelle-t-on zones humides ? 

La définition du code de l’environnement désigne les zones humides comme des terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles* pendant au moins une partie de l’année. Les critères de délimitation et de définition des zones humides sont basés sur la végétation et/ou les traces d’humidité (= d’hydromorphie) dans le sol. 
Aujourd’hui, les zones humides sont des milieux naturels en régression et fortement impactés (changement climatique, activités anthropiques…) : 50% des zones humides ont disparu depuis le début du XXe siècle. Pour autant, elles offrent des rôles écologiques variés et indispensables pour le bon équilibre des milieux. 


Définition hygrophiles* : plantes qui apprécient l’humidité 

Quels sont les rôles écologiques des zones humides ? 
Ces milieux naturels jouent un rôle de réserve biologique : ce sont de véritables puits de biodiversité en raison de la diversité d’habitats et d’espèces qui y vivent pour une partie ou la totalité de leurs cycles biologiques. En France, 50% des oiseaux seraient dépendants des zones humides. Ils ont également des fonctions hydrologiques : les zones humides contribuent à la recharge des eaux souterraines, atténuent les crues et les phénomènes d’érosion, et sont des « réserves d’eau naturelles » qui soutiennent les débits des cours d’eau. Enfin, les zones humides assurent un rôle biogéochimique par le stockage du carbone, l’épuration de l’eau ou encore la recharge sédimentaire. 

Au regard de l’importance de ces milieux naturels, la Commission Locale de l’Eau (CLE) du SAGE Vallée de la Garonne a identifié la thématique des zones humides comme une priorité.

En quoi consiste cette étude ? 

Cette étude, financée à 70% par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, traduit la mise en œuvre de la disposition IV.8 du SAGE Vallée de la Garonne qui vise à évaluer la valeur économique des services écosystémiques rendus par les zones humides. Le premier objectif est de déterminer la valeur monétaire des services rendus par les zones humides à travers sept sites pilotes sur tout le territoire de l’Etablissement Public (EP) Garonne, Gascogne et affluents pyrénéens. Le second objectif est d’extrapoler ces résultats à l’échelle du grand bassin de Garonne dans une approche inter-SAGE Garonne. 
Ces résultats permettront de construire un argumentaire économique solide et chiffré autour de la préservation et de la restauration des zones humides auprès des acteurs du territoire notamment en premier lieu des élus. Ils permettront également de sensibiliser le grand public sur l’intérêt de ces milieux. 

Qu’entend-on par services écosystémiques ? 

Les services écosystémiques sont des biens et services rendus gratuitement directement ou indirectement par la nature pour assurer le bien-être de l’Homme. Ce sont des bénéfices apportés par notre environnement permettant de subvenir à des besoins plus ou moins vitaux.  
Selon l’Evaluation Français des Ecosystèmes et des Services Ecosystémiques (EFESE), ils sont classés en trois groupes principaux : les biens écosystémiques ou biens d’approvisionnement (ex : bois de chauffage), les services de régulation (ex : contribution à la régulation climatique) et les services culturels (ex : bien-être mental). 

Ces trois catégories de services peuvent être déclinées en sous-services qui varient selon le site étudié. 

Les sites étudiés et les parties prenantes du projet 
Pour mener à bien cette étude, sept sites tests ont été sélectionnés sur le territoire de l’EPTB qui est celui de l’inter-SAGE, un site par département (cf. carte 1). 

Carte 1 : Localisation des sites pilotes sur le territoire de l'EPTB Garonne, Gascogne et affluents pyrénéens.

Les sites pilotes et les gestionnaires sont les suivants :  

  • La prairie de Pesquié en Ariège, gérée par l’Association Naturaliste Ariégeoise - Conservatoire d’Espaces Naturels (ANA-CEN) 
  • Le méandre de la Hierle en Haute-Garonne, géré par l’association Nature En Occitanie (NEO) 
  • La tourbière de Clarens en Hautes-Pyrénées, gérée par la communauté de communes du Plateau de Lannemezan 
  • La zone humide de la Save dans le Gers, gérée par le syndicat de la Save 
  • Le site de l’Espinassié dans le Tarn-et-Garonne, géré par le Conseil départemental de Tarn-et-Garonne 
  • L’étang de la Mazière en Lot-et-Garonne, géré par l’association SEPANLOG 
  • L’Île de Raymond en Gironde, gérée par la communauté de communes Convergence Garonne. 

Phasage de l’étude et planning prévisionnel 
Pour mener à bien cette étude, cinq phases ont été déterminées :  
 


Actuellement, l’analyse monétaire des services écosystémiques est en cours pour chaque site, à la suite d’entretiens bilatéraux avec les gestionnaires. Une enquête va également être diffusée et mise à disposition du grand public pour l’évaluation des services culturels. 

Etat d’avancement de l’étude au printemps 2026  
Les premières données et les entretiens ont permis d’établir une première liste de services écosystémiques à évaluer, qui varie d’un site à l’autre. 
Dans cette étude, les services les plus mobilisés sont les services de régulation comme la régulation du climat local ou global, et les services culturels tels que les aménités paysagères ou encore les loisirs extérieurs. Aussi, 11 services de régulation sont identifiés, 8 services culturels ont été mis en avant et enfin, 3 biens écosystémiques. 
À ce stade, plusieurs services écosystémiques exploratoires sont en cours de réflexion : la régulation des Espèces Exotiques Envahissantes, le maintien des milieux par la faune ou encore les refuges pour les populations piscicoles.  
L’étape en cours de réalisation est l’analyse économique à proprement parler, des services écosystémiques validés avec les gestionnaires pour chaque site pilote. Pour contribuer à l’évaluation des services culturels, des enquêtes à destination du grand public sont proposées sur certains sites. 

N’hésitez pas à participer :