N°60 - Projets de contrats Natura 2000 en Nouvelle-Aquitaine

Des projets de restauration écologique sur les bords de Garonne en Nouvelle-Aquitaine ! 

La politique Natura 2000 s’articule autour de trois grands axes :
    •    Encourager les acteurs à s’engager dans des contrats et chartes Natura 2000 et accompagner les agriculteurs dans le cadre des Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC), 
    •    Veiller à la prise en compte et à la préservation des enjeux de biodiversité dans l’aménagement du territoire, 
    •    Sensibiliser et informer le grand public, les usagers, les collectivités et les gestionnaires.  
 
Cette année, trois projets de contrats portés par des collectivités ont été déposés sur le site Natura 2000 de Garonne en Nouvelle-Aquitaine. Cette 60ème édition présente les actions envisagées par ces collectivités engagées pour la biodiversité ! 

Restauration d’une parcelle boisée en Gironde 
 
Une réflexion menée par la commune de Virelade en Gironde, initiée en 2019, concerne l’aménagement d’une parcelle boisée en bord de Garonne. Ce site présente un potentiel de restauration vis-à-vis de plusieurs habitats et espèces recensées sur site ou à proximité. En effet, un premier diagnostic écologique réalisé la même année, porté par l’Etablissement Public Garonne Gascogne et affluents pyrénéens, a révélé la présence d’habitats d’espèces inscrites dans le Document d’Objectifs (DOCOB) de Garonne, ainsi que des espèces plus communes. 

  • Une diversité d’habitats d’espèces 

Le site renferme une diversité d’habitats géographiquement rapprochés : un fossé, un affluent de Garonne nommé la « Barboue », des mares temporaires au sein du boisement, une vigne cultivée, un boisement laissé à l’abandon et le fleuve Garonne à proximité directe. Lors du diagnostic, il a été constaté que le boisement, majoritairement des peupliers, était en grande partie dépérissant. De même, plusieurs espèces exotiques envahissantes ont également été recensées sur le site et à proximité (Balsamine de l’Himalaya, Raisin d’Amérique, Robinier faux-acacia…). Sur les bords de la Barboue, une frênaie riveraine (habitat prioritaire dans le DOCOB de Garonne) et un ourlet humide ont été répertoriés. Ces habitats n’expriment pas leur plein potentiel en raison de la fermeture progressive de la parcelle. 
 

La « Barboue »

  • Un projet multipartenaire  

Dans ce projet de contrat, les actions envisagées ont été travaillées avec l’ensemble des parties prenantes au projet, à savoir : 

    •    La commune de Virelade qui porte le projet de contrat, 
    •    L’EP Garonne Gascogne et affluents pyrénéens qui accompagne la commune dans le montage technique, administratif et financier du projet, 
    •    Le syndicat du Ciron en charge de l’entretien de la Barboue à travers un Plan Pluriannuel de Gestion (PPG), 
    •    Voies Navigables de France ayant la gestion déléguée de l’Etat des berges de Garonne sur ce secteur, 
    •    La communauté des communes Convergence Garonne pour visualiser les possibilités de cheminement pédestre à proximité du site dans le cadre de la révision du PDIPR. 
 
Le site offre également une vue panoramique sur le fleuve Garonne ainsi que l’île de Raymond, espace naturel sensible, situé en rive droite. Il s’agit donc d’un projet communal mais relié à l’échelle intercommunale afin d’accroître l’efficacité des actions et leur visibilité (possible intégration de ce projet dans l’application Archistoire portée par le CAUE de Gironde). 

  • Des actions variées en faveur de la biodiversité  

La réouverture de la parcelle boisée est la première action à réaliser afin de créer des puits de lumière et laisser la végétation sous-strate se développer. La présence de carex et les mares temporaires offrent des habitats favorables pour certains mammifères, amphibiens, ou encore oiseaux et insectes de milieux humides. Une fois la parcelle rouverte, la Barboue et la parcelle boisée, initialement connectées, retrouveront cette connexion afin de prolonger la période de mise en eau des mares temporaires. 

Photo "Baboue"

Parcelle boisée

Pour ralentir la croissance des espèces exotiques envahissantes, des actions de cerclage des espèces notamment des robiniers faux-acacia sont prévues. Le cerclage permet de rompre la circulation de sève et l’arbre s’épuise sur son pied de façon progressive, ce qui évite les rejets à la base du sujet.  
 
Afin de limiter le piétinement au sein de la parcelle, une haie champêtre sera installée avec des espèces locales et adaptées à ces environnements humides. 
 
Enfin, l’information auprès du grand public et des promeneurs locaux sera assurée par la création et pose de panneaux pédagogiques d’information et l’éventuelle inscription d’un cheminement piéton au droit du site lors de la révision du PDIPR porté par la communauté des communes Convergence Garonne. Des animations seront également prévues avec les locaux et les écoles environnantes afin de présenter les actions envisagées. 

  • Un calendrier 

Le projet de contrat a été déposé en mars 2025 et le dossier est en cours d’instruction par la Région Nouvelle-Aquitaine. Ce projet est initialement prévu sur une durée de 4 ans (fin de programmation européenne en 2028). Les premiers travaux de réouverture, de cerclage et de reconnexion Barboue – parcelle boisée seront réalisés début 2026. Les travaux de plantations devraient être menés à l’automne 2026. 
 
De nouvelle opérations de cerclage devront avoir lieu en 2027 et 2028 afin d’accroître les chances de réussite de cette action. L’entretien de la parcelle rouverte devra être réalisé tout au long du contrat et au-delà afin de conserver une surface minimale d’ouverture de la parcelle. Enfin, les panneaux pédagogiques seront réalisés la dernière année du contrat, soit en 2028. 

Réengagement de deux collectivités en Lot-et-Garonne 
 
En Lot-et-Garonne, la commune de Saint-Laurent et l’Agglomération d’Agen ont souhaité renouveler leur engagement à travers un second contrat Natura 2000. 

  • Renouvellement du contrat Natura 2000 de Saint-Laurent  

La commune de Saint-Laurent s’est engagée en 2017 dans un projet de restauration à la fois, d’un atterrissement en lit mineur de Garonne mais aussi, de la ripisylve attenante. Ce contrat, le premier engagé sur la Garonne en Nouvelle-Aquitaine a permis de coupler des actions de restauration écologique avec l’entretien des atterrissements réalisé par les services de l’Etat (DDT47). 
 
Les principales actions menées sur le site ont été l’arrachage de la végétation (principalement du peuplier) sur l’atterrissement, l’arrachage de Jussie à grande fleur sur les secteurs à enjeu (à proximité d’une roselière) et enfin des plantations sur les berges de Garonne. Ces actions ont été complétées par des animations annuelles d’entretien de l’atterrissement par arrachage des ligneux invasifs. 

 

Actions de restauration écologique à Saint-Laurent

  • Des actions ciblées à Saint-Laurent 

Le bilan de ces premiers travaux sur l’atterrissement de la commune de Saint-Laurent est positif avec toutefois, un point d’attention particulier sur la reprise de la végétation. En effet, malgré un entretien régulier, la recolonisation du milieu par les peupliers est très rapide et c’est pourquoi dans ce second contrat, les actions seront ciblées sur des secteurs précis. 
 
A titre d’exemple, une roselière présente sur le site a pu s’étendre en l’absence de peupliers. Elle renferme une riche biodiversité et c’est pourquoi, un des objectifs de ce second contrat est de localiser l’arrachage des ligneux autour de la roselière. De fait, des actions de débardage à cheval sont prévues sur ce secteur précis. 
 
De même pour les plantations de la ripisylve, certaines essences n’ont pas survécu sur le talus de la berge. Pour créer un véritable corridor écologique, des plantations d’espèces locales et adaptées aux berges seront réalisées à l’automne prochain pour compléter les espèces implantées lors du premier contrat de 2017. 

Plantations d’espèces locales à Saint-Laurent

  • Poursuite des actions menées par l’Agglomération d’Agen  

Sur la commune du Passage d’Agen, l’Agglomération d’Agen, propriétaire de plusieurs parcelles situées en bord de Garonne, s’est engagée en 2022 dans un contrat de préservation d’une saulaie arborescente, habitat d’intérêt communautaire. Durant ce premier contrat, des actions de lutte contre les espèces invasives, retrait raisonné des embâcles gênants ou encore inventaire des Odonates ont été réalisés. Les résultats satisfaisants mais insuffisants en ce qui concerne les espèces invasives ont motivé le porteur de projet à s’engager dans un second contrat N2000. 
 
De fait, une nouvelle campagne de cerclage des ligneux invasifs principalement des robiniers faux-acacia sont nécessaires sur les secteurs à enjeu, c’est-à-dire à proximité directe de la roselière. Le cerclage doit être réalisé sur plusieurs années afin d’accroître les chances de réussite de l’opération. Par ailleurs, des panneaux pédagogiques seront réalisés afin d’informer les promeneurs des actions Natura 2000 menées sur le site ainsi que des animations grand public comme la collecte de déchets réalisée en 2021 à l’occasion du « Mois Natura 2000. 

Cerclage des ligneux invasifs