N°67 - Bilan de l’animation agricole 2026

L’animation Natura 2000 en faveur des agriculteurs se poursuit sur la Garonne et ses affluents.
L’année 2026 est la quatrième année d’animation sur les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) sur la totalité de la Garonne, de l’Espagne à l’estuaire, et sur certains de ses affluents (Hers, Pique et Neste). Cette 67ème édition est l’occasion de présenter le bilan de l’animation agricole de la campagne 2026 du grand site Garonne et affluents.

Localisation des contrats

Cette année se conclut avec l’engagement de 9 agriculteurs sur l’ensemble du site avec des mesures à respecter pour une période de 3 ans :

  • 2 agriculteurs sur Garonne Aval (à Portet-sur-Garonne - 31),
  • 4 agriculteurs engagés sur une mesure sur le Projet Agro-Environnemental et Climatique (PAEC) de l’Hers (09),
  • Et 3 agriculteurs sur le PAEC de Nouvelle-Aquitaine, deux mesures en Gironde (33) et une contractualisation en Lot-et-Garonne (47).
Carte MAEC

Carte de localisation des contrats Natura 2000.

L’année 2026 a été marquée par les tensions sociales dues à l’actualité dans le monde agricole avec des impacts sur la contractualisation des agriculteurs sur l’ensemble des PAEC d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine. 

De plus, 2026 est l’avant-dernière année de la programmation européenne 2023-2027, ce qui implique des financements moins élevés qu’en début de programme. C’est pourquoi, cette année, de nouvelles modalités de contractualisation de MAEC ont été transmises par le gouvernement :

  • Des contrats plus courts avec 3 ans d’aides au lieu de 5 ans,

  • Certaines mesures fermées pour 2026,

  • Et l’arrêt des formations obligatoires.

Le type de contrats

Pour les contrats signés en 2026, répartis sur 4 départements de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Occitanie, les agriculteurs se sont engagés dans des mesures variées permettant la préservation des milieux humides ou encore le maintien des milieux ouverts de bords de Garonne :

  • Préserver la biodiversité des terres agricoles en laissant du temps pour la reproduction de la faune et de la flore, notamment par le retard de fauche (mesure « ESP2 » : 16 ha)

  • Créer des couverts herbacés qui serviront d’habitats et de nourriture pour des espèces d’intérêt communautaire (mesure « CIFF » :  37,5 ha)

Couvert d’intérêt faunistique et floristique sur l’Hers

Couvert d’intérêt faunistique et floristique sur l’Hers.
 

  • Maintien des milieux ouverts (mesure « OUV1 » : 6,2 ha)

  • Préservation des milieux humides par le pâturage (mesure « MHU2 » : 3,06 ha )

Répartition du montant des aides perçues sur 3 ans par MAEC

Répartition du montant des aides perçues sur 3 ans par MAEC.
 

Ces engagements représentent 27.970 € d’aides attribuées annuellement et 83.910 € sur trois ans. Ces aides agricoles correspondent à des outils supplémentaires pour les animateurs Natura 2000 sur le périmètre pour permettre de mettre en place des actions répondant aux objectifs des Documents d’Objectifs (DOCOB) et d’orienter les pratiques agricoles sur des secteurs avec de forts enjeux environnementaux.
 

Exemples concrets de contractualisation

  • Des prairies entretenues par fauche tardive en Gironde :

Après la conversion de ses parcelles en prairie il y a plusieurs années, un agriculteur girondin a souhaité se réengager dans une mesure de maintien de prairie ouverte sur plus de 6 ha sur la commune de Cadaujac. L’objectif de cette mesure est d’assurer le maintien du milieu ouvert par une fauche tardive afin de permettre à la microfaune d’effectuer son cycle biologique complet. Cette MAEC peut être aussi adaptée aux éleveurs avec un entretien des prairies par pâturage extensif.

Contrairement aux idées reçues, une mise en prairie peut également contribuer à limiter la continuité des combustibles et ainsi participer à la réduction du risque de propagation des incendies. 

De plus, le maintien de milieux ouverts est généralement plus favorable à la prévention des incendies que le développement de zones enfrichées, où la végétation dense favorise la continuité du combustible.

Mise en place d'une mesure de maintien du milieu ouvert (Gironde)

Mise en place d'une mesure de maintien du milieu ouvert (Gironde).
 

  • Une collaboration qui se poursuit :

En Lot-et-Garonne, un agriculteur sur la commune de Lafox s’est engagé à convertir 1 Ha de parcelle cultivée en prairie naturelle avec l’appui du Conservatoire des Espaces Naturels (CEN). A la suite d’une visite sur site, le plan de gestion de la mesure a été réévalué et adapté sur les deux dernières années de la MAEC, en accord avec la DRAAF. Cette année, cet agriculteur a poursuivi son engagement dans la mesure ESP2, qui correspond au maintien de la parcelle ouverte entretenue avec une fauche annuelle et la mise en défens de 1 % de la parcelle. Cette surface mise en défens ne sera pas entretenue comme le reste de la parcelle puisqu’il s’agit d’une régénération naturelle de la ripisylve de Garonne et de Séoune.
 

Zone mise en défens sur un contrat MAEC à la confluence de la Garonne et de la Séoune en Lot-et-Garonne

Zone mise en défens sur un contrat MAEC à la confluence de la Garonne et de la Séoune en Lot-et-Garonne.

  • Coopération entre la RNR Confluence Garonne-Ariège et un agriculteur en Haute-Garonne :

La réserve naturelle régionale de la Confluence Garonne-Ariège se trouve aux portes de Toulouse et présente des habitats très rares sur le secteur, et notamment des prairies. Afin de préserver leur ouverture et de s’assurer une diversité des espèces présentes dans ces prairies, ils ont contractualisé avec un agriculteur, propriétaire de brebis. Dans ce cadre, l’EPTB a proposé à l’agriculteur de s’engager dans un retard de pâturage sur environ 9 ha de prairie (ESP2) et, sur une autre, de préserver les milieux humides pendant la période hivernale (MHU2). 

prairie en retard de fauche sur le territoire de la RNR Confluence Garonne-Ariège

Prairie en retard de fauche sur le territoire de la RNR Confluence Garonne-Ariège.

Et pour la suite ?

L’année 2026 se poursuivra en établissant des partenariats avec les Chambres d’agriculture de chaque région, mais aussi d’autres gestionnaires de PAEC, notamment sur les PAEC de Garonne, afin d’apporter une visibilité plus importante aux agriculteurs intéressés par les MAEC. Le but sera de continuer à sensibiliser et à impliquer de plus en plus d’exploitants agricoles, en espérant que les financements alloués au niveau régional permettront de soutenir ces aides indispensables pour une transition agroécologique sur nos territoires dans un contexte de changement climatique de plus en plus prégnant.